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Les relations entre le monde médical et les Sourds pourraient s’améliorer si les médecins s’ouvraient aux réalités linguistiques !
Du dépistage néonatal de la surdité, à l’implantation cochléaire des enfants sourds, les malentendus sont nombreux entre les médecins qui disent soigner la surdité, et ceux qui sont censés bénéficier de ces traitements. Ils s’expliquent par la totale ignorance du monde de la médico-rééducation en matière linguistique. Le problème central d’un enfant sourd de naissance baigné exclusivement d’oral, c’est l’acquisition d’une langue. Or, l’expertise linguistique (de linguistes et d’intermédiateurs) est rigoureusement absente de toute la filière de prise en charge de la surdité infantile. C’est comme si les architectes étaient exclus, lors du dessin des plans d’un immeuble !
Les modèles médical et social du handicap, clairement expliqués par l’OMS[2], sont au cœur du travail des intermédiateurs. Les Unités d’Accueil et de Soins en Langue des Signes s’intègrent dans le modèle social, « ce n’est plus au patient de s’adapter à la langue des professionnels de santé mais c’est à l’équipe qui l’a en charge de s’adapter à ses capacités de communication »[3]. S’agissant d’un hôpital, le modèle médical n’est jamais loin et cela peut entraîner des frictions. « Le conflit entre ces points de vue n’est pas résolu par l’arbitrage ou le choix d’une voie médiane, mais par la négociation »[4]. Une négociation qui devrait permettre à la médecine d’intégrer le domaine de l’expertise linguistique. Un domaine précisément totalement absent du champ de réflexion du monde de la médecine médico-rééducative. Du fait de son défaut d’audition, un enfant sourd, aura des difficultés à acquérir une langue orale. Son problème, à terme, sera celui de la maîtrise d’une langue. C’est le domaine d’expertise des linguistes, systématiquement absents de tous les centres de rééducation de l’audition et de la parole[5].
Une médecine imperméable aux réalités linguistiques
On peut tenter de comprendre les choses avec la métaphore suivante. Faire passer un message d’une tête dans une autre, c’est comme aller d’une gare A vers une gare B, il faut un train tiré par une locomotive, l’ensemble roulant sur des rails. L’activation de la boucle audio-phonatoire, sur laquelle repose toute la médecine médico-rééducative, focalise sur l’entretien des rails. C’est-à-dire sur le support physique de la langue, confondant en cela, sons et phonèmes. La capacité d’entendre les premiers étant du domaine de l’audiophonologie, alors que la capacité à saisir les seconds est l’objet d’études de la linguistique[6]. Or sans locomotive, c’est-à-dire sans langue, on comprend vite les limitations du dispositif. Les recherches neurolinguistiques apportent pourtant aujourd’hui assez d’arguments pour démontrer la nature supramodale des aires d’intégration linguistique[7]. L’enfant sourd, dont on fait le choix le plus souvent, d’activer ses aires du langage, exclusivement par la modalité précisément défaillante chez lui, via une rééducation orthophonique intense, se voit obligé de capitaliser un savoir technique appris[8]. Ce qui est très différent du fonctionnement, sur un plan technique, qui survient chez un enfant qui s’imprègne de langue naturellement, et qu’un enfant sourd pourrait faire en langue des signes[9].
Si pour bénéficier de la plasticité cérébrale de l’enfant, il importe d’activer le plus précocement possible sa boucle audio-phonatoire, le même raisonnement vaut pour l’activation de la boucle visuo-gestuelle en ce qui concerne l’acquisition d’une langue signée[10]. La période critique s’applique au langage signé, tout comme au langage oral[11]. Le simple principe de précaution ne devrait-il pas amener à proposer l’activation des aires du langage, le plus précocement possible, par une langue dont la modalité ne souffre d’aucun déficit ? Et ne pas attendre, que la modalité orale ne soit pas assez investie, pour en proposer une autre trop tardivement. C’est ce choix de privilégier la modalité déficiente, au détriment de l’autre, dont témoignent les difficultés de maîtrise de la langue des signes par les sourds adultes que nous rencontrons. Si la médecine pense qu’il n’est pas nécessaire de proposer les deux modalités (orale et signée) sur un pied d’égalité, c’est que la différence entre la modalité d’une langue, et la langue elle-même, n’arrive pas à son entendement.
Lorsqu’à la lecture orale de la phrase « Milo lit », l’enfant sourd comprend en la disant, que « Milo dort », c’est bien cela qui est en cause[12]. Ce malentendu se traduit, plus tard, chez les sourds adultes, par leur capacité à lire un texte à haute voix, de manière intelligible pour les entendants qui les écoutent, mais sans qu’ils aient accès au sens du texte[13]. En termes d’analyses et de publications de résultats par les médecins, les dés son pipés, puisque les techniques de rééducation et les évaluations utilisées (leur « thermomètre ») se fondent sur des conceptions erronées du processus d’acquisition de la langue. Cette idée, au cœur de la médecine médico-rééducative, qui veut qu’une langue se construise chez un enfant, par complexification progressive des énoncés, est fausse. Elle ignore que lorsqu’un enfant commence à parler, il s’approprie progressivement la structure de la langue. Ce qui passe par des phénomènes de généralisation et d’analogie, l’amenant à produire des « fautes logiques » qui sont la preuve du processus en question[14]. La manière dont l’enfant s’humanise sur un plan linguistique[15] n’est pas celle qu’imagine et évalue la médecine médico-rééducative, assez imperméable au discours des linguistes. C’est le thermomètre qui dysfonctionne, pas celui qui l’utilise ! C’est pourquoi, nous ne pensons pas que « le monde de la médecine soit structuré par un conflit de valeurs entre médecins »[16], les uns, humanistes du côté du culturel, les autres, audistes[17], du côté de la déficience et de l’oppression d’une minorité linguistique.
Cet argument ne situe pas le débat au bon niveau. Lorsque les chirurgiens publient des études qui prouvent que les implants fonctionnent, ils ont raison ! Ce qu’ils évaluent, c’est le fonctionnement du support, de la modalité orale d’une langue, autrement dit pour reprendre notre métaphore : la qualité des rails et du ballast. Leurs conclusions sont rigoureuses sur un plan scientifique, il n’est là, nullement question de valeurs. Le problème, c’est que « le sujet, l’homme sourd est expulsé de cette médecine scientifique au profit d’une attention très précise et efficace sur le processus de la maladie elle-même »[18]. Alors que le champ d’exercice de leur compétence devrait s’arrêter à la porte du bloc opératoire, la difficulté survient, parce que ces conceptions médicales erronées[19], ruissèlent sur toute la filière « médico-socio-pédagogico-rééducative » qui assure l’accueil de l’enfant sourd[20]. Le médical régente tout le reste, alors que les médecins, fussent-ils chirurgiens, n’ont pas la moindre formation en matière de langues.
Parfois, les responsables des centres d’audiophonologie s’essaient à réfléchir autrement. On voit cependant très vite les limites de l’exercice, lorsqu’ils justifient par exemple les difficultés qu’ils rencontrent pour évaluer le niveau de langue des signes d’un enfant sourd, de la manière suivante : « En Belgique francophone, certains référents peuvent être exprimés par plusieurs signes (…) (ex. il existe deux signes d’usage courant pour « chien » ou pour « œuf »). Il est donc difficile de tester le niveau lexical d’un enfant car une erreur au test peut toujours conduire à plusieurs interprétations ou éléments explicatifs. »[21]. Dans sa conclusion, le même auteur précise : « Cette langue est encore mal identifiée tant dans son vocabulaire que dans ses règles grammaticales. Il est donc difficile de créer, pour cette langue, des tests standardisés qui permettent d’évaluer les compétences de ses locuteurs, que ceux-ci soient adultes ou enfants. »[22]. Nous sommes là, bien loin de l’évaluation d’un niveau de maîtrise linguistique. La capacité d’étiquetage qui est invoquée ici, est maîtrisée par les chimpanzés et les bonobos[23] ! Et les règles grammaticales dont il est question ici font référence à la grammaire d’usage des adultes, et pas à la manière dont l’enfant émerge à la grammaticalité. Il est assez révélateur de constater que ces limitations invoquées par la médecine médico-rééducative, ne sont aucunement pointée, lorsque des linguistes s’interrogent sur les modalités d’évaluation d’un niveau linguistique en langue des signes[24] ou lorsqu’ils envisagent l’adaptation de tests d’évaluation de ce niveau, d’une langue des signes dans une autre[25]; alors que toute une série de langues des signes ont été envisagées (française, italienne, danoise, suisse, britannique, américaine, allemande etc.). Les problèmes que ces auteurs relèvent sont nombreux et complexes, mais n’ont rien à voir avec les limitations invoquées par la médecine médico-rééducative. Elles témoignent de la profondeur du fossé qui sépare les conceptions de ce qu’il faudrait évaluer, lorsqu’il s’agit de langues, et ce qui est réellement évalué.
Est-il étonnant, lorsqu’une telle dynamique est en jeu, de constater que tant de ces enfants, devenus adultes, pratiquent une langue orale scotchée au réel, une langue faite de codes utilitaires ? Ou de constater que leurs écrits ressemblent parfois à ceux produits par des logiciels de traduction automatique low-cost ?
Changer le thermomètre
Si l’objectif fixé par la médecine était qu’un enfant sourd acquière la maîtrise pleine et entière d’une langue dans toute sa subjectivité, quelle qu’en soit sa modalité, et que le « thermomètre » mesurait cela, gageons que l’« Evidence Based Medicine » qui guide la pratique des médecins, proposerait d’autres modalités d’accueil de la surdité que ce qu’elles sont actuellement. Or, le « thermomètre » n’étant pas calibré pour mesurer cela[26], il induit nécessairement en faute. « Il ne semble pas que toutes les conséquences de la distinction explicite en anglais entre sound recognition et speech perception aient accédé à l’intelligence des concepteurs de pareilles épreuves [le « thermomètre »] ; elle est pourtant capitale »[27]. La lecture du rapport du rapport du CTNERHI concernant le suivi longitudinal sur 10 ans d’enfants sourds pré-linguaux implantés[28] vient parfaitement illustrer cette citation. Ce type d’analyse, qui a vocation à éclairer les médecins quant aux résultats de l’implantation cochléaire des enfants, non seulement n’utilise pas le bon « thermomètre », mais en plus, le place au mauvais endroit ! Avec les conséquences qu’on imagine au niveau des conclusions qui en sont tirées.
Comme sourds, et comme membres du personnel hospitalier, les intermédiateurs sont traversés par ces débats. La professionnalisation de leur fonction hospitalière, leur rôle irremplaçable, les inscrivent peu à peu dans l’organigramme de l’hôpital. Leur présence, qui témoigne de la situation dramatique de milliers de sourds en détresse linguistique, est un coin bien plus efficace dans la porte de la médecine normalisatrice, que tous les discours militants pour la « cause sourde ». Des discours qui ont certes permis que les UASLS voient le jour. Le tour de force du docteur Jean Dagron[29], qui en fut l’initiateur en France, est d’avoir pu, avec le soutien de militants sourds, mobiliser les pouvoirs publics, avec leur seule force de conviction[30]. Aujourd’hui, il est cependant indispensable de passer à une étape ultérieure et de tout faire pour que s’ouvrent les voies qui permettront le changement du « thermomètre » évoqué plus haut. Les intermédiateurs, membres du personnel hospitalier, au même titre que d’autres para-médicaux, sont une des pièces maîtresses de nouveaux dispositifs qui restent à inventer. A condition qu’une formation spécifique leur procure définitivement la légitimité qu’ils sont aujourd’hui en voie de gagner.
En guise de conclusion
Nous avons passé en revue sur ce blog, toute une série de fonctions assurées par les intermédiateurs. Il s’agit de notre pratique dans le cadre du réseau Sourds & Santé. Sans doute diffère-t-elle dans d’autres Unités d’Accueil et de Soins en Langue des Signes de France, en fonction des pratiques spécifiques développées ici ou là.
Aucune des formations de base des intermédiateurs actuellement en fonction sur le terrain, nécessaires à une vraie reconnaissance professionnelle, ne les prépare pleinement à l’exercice de toutes les fonctions qu’ils exercent effectivement dans les hôpitaux et notamment celle qu’ils pourraient exercer dans le cadre de l’accueil précoce des enfants sourds. Ce besoin de formation est pointé par les experts de la Haute Autorité de Santé (HAS)[31]. L’intermédiation telle qu’elle est évoquée par l’HAS, nous semble cependant très loin de celle qui se pratique au sein du réseau Sourds & Santé, permettant d’établir un pont entre deux cultures et deux langues. A cet égard, élargir la notion d’intermédiation à d’autres situations de handicap, comme il est proposé, nous fait craindre une non reconnaissance des besoins spécifiques des sourds, qui risquent une fois de plus, d’être noyés au sein d’un grand melting-pot tous handicaps confondus, dont on sait dans d’autres domaines[32], le peu d’efficience que cela entraîne.
En revanche, une formation nouvelle serait bienvenue, pour préparer à toute la palette des tâches d’un intermédiateur, tel que nous les avons décrites. Nous avons vu pourquoi ce métier ne peut, dans les faits, être exercé que par un sourd. La langue des signes maîtrisée comme langue première, étant le second préalable à ce métier, cette formation devrait être donnée directement dans la langue de travail des intermédiateurs. Il y a aujourd’hui assez d’intermédiateurs ou d’autres professionnels, capable de transmettre directement en langue des signes[33], ce savoir-faire commun qui s’est développé sur le terrain. Il ne faudrait pas qu’il reste accessible uniquement à ceux qui ont l’occasion de se construire cette expérience par leur pratique.
L’urgence d’une vraie formation professionnelle pour les intermédiateurs se fait aujourd’hui sentir. Non seulement pour formaliser leur pratique et la rendre crédible par rapport à leurs collègues titulaires d’un diplôme médical ou paramédical ; mais aussi, et ce n’est pas le moins important, pour leur permettre d’avoir accès à une grille barémique décente, en rapport avec leur niveau d’expertise.
« Errare humanum est, perseverare diabolicum »
Enfin, une dernière réflexion s’impose. Les intermédiateurs qui travaillent au quotidien dans les hôpitaux, font partie des sourds qui ont bénéficié de langue des signes en bas âge. C’est eux qui viennent aujourd’hui au secours d’autres sourds du même âge en situation de déficit linguistique, aux audiogrammes similaires, qui ont été privés de cette langue au même moment. Lorsqu’on y pense, il y a là quelque chose de très troublant. Les uns viennent aujourd’hui en soutien de médecins amenés à soigner les autres, mais leurs rôles auraient pu être inversés. Un nouveau métier émerge, dont la médecine d’aujourd’hui a besoin, pour soigner ceux qu’elle a pris en charge hier ! Hippocrate écrivait « Primum non nocere », au vu de ce que nous constatons aujourd’hui, nous ajouterions volontiers à l’adresse de la médecine médico-rééducative des sourds : « Errare humanum est, perseverare diabolicum » !
[2] Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé. Organisation Mondiale de la Santé, 2001. (p.21)
[3] Circulaire DHOS/E1/2007/163 du 20 avril 2007 (p.2 du texte d’introduction) (http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/sourds/circulaire_163_200407.pdf)
[4] Broesterhuizen M. Worlds of difference: an ethical analysis of choices in the field of deafness. Ethical Perspectives 15(1):103-131, 2008.
[5] Nous faisons le choix d’utiliser cet intitulé qu’on retrouve souvent, parce qu’il résume bien ce qui est en jeu. Il s’agit d’audition et de parole, pas de langue.
[6] Il s’agit pourtant bien de deux ordres de choses différents. On peut émettre des sons, non signifiants pour celui qui les émet, mais porteurs de sens pour celui qui les reçoit (ex. lecture phonétique d’une langue non connue par celui qui l’émet). On peut en revanche, recevoir des sons porteurs de sens pour celui qui les émet et ne pas pouvoir les séquencer sur un plan linguistique (ex. lorsque nous écoutons un enregistrement dans une langue non connue, ce que nous entendons, c’est un son continu, la distinction en phonèmes porteurs de sens, ne peut se faire que si l’on connaît la langue ; sur un plan auditif, ce qui est entendu, c’est « jesuisassissurunechaise » et pas « je suis assis sur une chaise », séquençage que nous ne pouvons faire que si nous connaissons préalablement la langue). Et la complexité s’accroit encore, lorsqu’il s’agit de distinguer des séquences « homophones » du genre « Qui s’aime en récolte le fruit. / Qui sème en récolte le fruit. », identiques sur un plan auditif et différentes sur un plan sémantique.
[7] MacSweeney M., Waters D., ,Brammer MJ., Woll B., Goswami U. Phonological processing in deaf signers and the impact of age of first language acquisition. NeuroImage (2008) doi:10.1016/j.neuroimage.2007.12.047
[8] Quentel JC. L’enfant n’est pas une « personne ». Ed. Ministère de la Communauté Française, Bruxelles, 2008. (p.22).
[9] L’activation de la boucle audio-phonatoire, la plus précoce possible, est justifiée par la médecine, en raison de la plasticité cérébrale de l’enfant. On focalise sur la pose la plus rapide possible des rails et du ballast, en oubliant de mettre le train en fabrication. L’absence d’activation précoce de la boucle visuo-gestuelle entraîne pourtant des retards tout aussi délétères d’acquisition de la langue signée. Dans la très grande majorité des centres d’audiophonologie, la langue des signes est effectivement présentée comme la langue du second choix, lorsque le reste ne fonctionne pas. Régulièrement, elle est présentée comme un « moyen de communication », sur le même plan que d’autres techniques visant à rendre une langue orale visible (ex. LPC). Or si la plasticité cérébrale influe sur l’acquisition d’une langue orale, elle influe aussi sur l’acquisition d’une langue signée. Parfois on propose une sorte de pis-aller, consistant en un mixte des deux modalités (communication totale), qui produit une sorte de charabia.
[10] Mayberry RI, Lock E., Kazmi H. Linguistic ability and early language exposure. Nature 2002 May 2;417(6884):38.
[11] Ducharme DA, Mayberry RI. L’importance d’une exposition précoce au langage : la période critique s’applique au langage signé, tout comme au langage oral. In. L’acquisition du langage par l’enfant sourd : les signes, l’oral et l’écrit. Sous la direction de Transler C., Leybaert J. Gombert JE, 2005. Marseille : Solal. (pp.15-28).
[12] Séquence visible dans le film « Sourds et Malentendus » diffusé sur France 5 le 3 mars 2009 et consultable sur internet : http://www.france5.fr/et-vous/France_5_et_vous/Demandez_le_programme/LE_MAG/LE_MAG_N_10_2009/articles/p-1930-Emission_speciale_br_Sourds_et_malentendus.htm
[13] Abbou M.-T. Apprendre par le sens. In. Psychologie de la surdité. Ed. De Boeck Université, 1996 (p.435).
[14] Quentel JC. L’enfant n’est pas une « personne ». Ed. Ministère de la Communauté Française, Bruxelles, 2008. (pp.17-22).
[15] Meurant L. Comment l’enfant s’humanise sur un plan linguistique. La lettre du réseau Sourds & Santé, Hors-série - Juin 2009, 18-20. (http://www.ghicl.fr/documents/lettredureseau.pdf)
[16] Dagron Jean. Les Silencieux. Ed. Presse Pluriel. Paris 2008. (p.16 et 4ème de couverture).
[17] H-Dirksen L. Bauman. Audism: Exploring the Metaphysics of Oppression. J. Deaf Stud. Deaf Educ. 9 :239-246, 2004.
[18] Zegers de Beyl D. Le monde des sourds et sa relation avec le monde médical. Signes de Vie. 17 :10-13, 1997
[19] « Les progrès de la médecine occidentale n’ont été possibles que par l’attention portée aux processus pathogènes cellulaires de l’organe malade. Dans l’exemple de l’enfant sourd, la cochlée et les performances auditives au laboratoire d’audiophonologie sont devenues le centre des préoccupations thérapeutiques de la communauté médicale, déplaçant l’être humain, l’homme sourd, au second rang. (…) Ce qui est pertinent dans le laboratoire d’audiophonologie peut devenir pervers si toute l’éducation des enfants sourds tourne autour de la priorité de faire entendre des sons. Réduire ainsi leur éducation à une rééducation est une injure à leur sensibilité et intelligence d’êtres humains. » Carte blanche publiée dans le quotidien belge Le Soir par un collectif de signataires linguistes et médecins, le 16 mai 2007. Retrouvez l'ensemble du texte sur ce blog.
[20] Dans un tel cadre, le fait qu’au moins le tiers des sourds adultes que nous rencontrons, y compris les plus jeunes, n’ait la maîtrise fine d’aucune langue ne serait-il pas à questionner ? Que répond la médecine au fait que l’immense majorité des sourds adultes ne comprennent pas un texte écrit ? Cela ne devrait-il pas être un objet de préoccupation ? Lorsqu’on pose ces questions, on renvoie sur le système éducatif, lequel applique, à la règle, les prescrits de la médecine médico-rééducative. La boucle est bouclée.
[21] Charlier B. L’évaluation des compétences linguistiques en langue des signes. In Compétences cognitives, linguistiques et sociales de l’enfant sourd. Ed. Mardaga, 2006. (p.133-134)
[22] Voir réf. 94 (p.147).
[23] Meurant L. Comment l’enfant s’humanise sur un plan linguistique. La lettre du réseau Sourds & Santé, Hors-série - Juin 2009, 18-20. (http://www.ghicl.fr/documents/lettredureseau.pdf)
[24] Haug T. Review of Sign Language Assessment Instruments. Sign Language & Linguistics 8:1/2(2005), 59-96.
[25] Haug T., Mann W. Adapting Tests of Sign Language Assessment for Other Sign Languages – A Review of Linguistic, Cultural and Psychometric Problems. J Deaf Stud Deaf Educ. 2008;13(1):138-47.
[26] Meurant L. Son, mouvement, parole. In Ethique et implant cochléaire, que faut-il réparer ?, Presses Universitaires de Namur, 2006. (pp. 49-57).
[27] Giot J. Fragments et scholies. In Ethique et implant cochléaire, que faut-il réparer ?, Presses Universitaires de Namur, 2006. (pp. 71-85).
[28] Le rapport peut être téléchargé sur le site du Centre Technique National d’Etudes et de Recherches sur les Handicaps et les Inadaptations (http://www.ctnerhi.com.fr/accueil_ctnerhi3.php).
[29] Dagron Jean. Les Silencieux. Ed. Presse Pluriel. Paris 2008 (pp.87-118).
[30] Le premier mois de l’ouverture de l’UASLS de Lille, pas un seul sourd ne s’y est présenté ! Huit ans plus tard, ils sont des dizaines à faire appel au réseau Sourds & Santé chaque semaine. Les UASLS les rendent visibles à la médecine. Voilà qui illustre la force de conviction qu’il fallait pour que des institutionnels acceptent de mobiliser des moyens financiers, avant qu’un seul patient ne soit à l’horizon !
[31] « Un métier d’intermédiation pourrait être défini et créé, tant pour les personnes sourdes que pour celles présentant des troubles de l’élocution. Il devrait à l’avenir être élargi à d’autres situations de handicap. » Synthèse de l’audition publique « Accès aux soins des personnes en situation de handicap ». Janvier 2009. (http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-01/synthese_ap_acces_soins_personnes_handicap_23102008.pdf)
[32] On pense notamment aux Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) proposés dans la foulée de la Loi 2005-102 du 11 Février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », où rien n’est prévu pour l’accompagnement des sourds par du personnel compétent. C’est-à-dire, spécifiquement qualifié (ex. interprètes diplômés) et donc plus cher que du personnel formé en quelques dizaines d’heures pour l’accompagnement des handicapés, toutes catégories confondues.
[33] La Loi 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et citoyenneté des personnes handicapées » reconnaît la langue des signes comme une langue à part entière (article 75 section 3 bis) et stipule que les services publics doivent la fournir, ainsi que tous les dispositifs de communications adaptés, aux usagers qui en font la demande (article 78).
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