réflexions sur la surdité
B. Drion - Réseau Sourds et Santé, groupement des hôpitaux de l’institut catholique de Lille, rue duGrand-But, BP 249, 59462 Lomme cedex, France
Mots clés : Surdité, Langue des signes ; Maison de retraite ; EHPAD ; Personne âgée ; Maltraitance
Résumé : La langue des signes, reconnue en France depuis 2005, est la langue pratiquée quotidiennement, par un millième des Français. L’absence de prise en compte des spécificités de ces sourds prélinguaux conduit à des situations de maltraitance méconnue dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes où ils résident. La surdité ne se voit pas et bon nombre de sourds se soumettent aux règles de communication des entendants. Ils peuvent articuler de manière intelligible, mais acquiescer sans comprendre, ou en ne comprenant que très partiellement ce qui est dit. Lorsque les troubles cognitifs acquis viennent compliquer la communication, la situation devient encore plus problématique. Souvent, c’est uniquement avec l’aide de professionnels, locuteurs natifs de la langue des signes, qu’une vraie communication peut être établie. Pour éviter leur mort sociale, l’expérience montre aussi que rassembler les sourds dans un établissement permet qu’une communauté linguistique se crée entre résidents et professionnels formés à la langue des signes.
© 2015 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Article complet sur :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483015001385
The little-known ill-treatment of elderly users of sign language living in nursing homes
Keywords : Deafness; Sign language; Nursing home; Elderly; Ill-treatment
Summary Sign language, recognized in France since 2005, is practiced daily by thousands of French. The absence of consideration of the specificities of people with pre-lingual deafness has led to situations of ill-treatment or neglect in the nursing homes where they live. Their deafness is not necessarily apparent and many deaf persons often use the communication codes of individuals who are not deaf. They can articulate in an understandable way, but may agree or acquiesce without understanding, or only partially understanding, what is said. When acquired cognitive disorders come to complicate communication, the situation becomes even more problematic. Often, it is only with the help of professionals familiar with sign language, that real communication can be established. Experience shows that accommodating deaf persons in the same residential facility enables the development of a linguistic community between residents and professionals, and this can avoid the social exclusion of these individuals.
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Article complet sur :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483015001385